J’ai essayé de réfléchir à cette chose impalpable qui gouverne le monde

Le fait que deux personnes s’embrassent

Et qu’à ce moment-là l’univers semble se concentrer en leur centre

Il y a chez toi quelque chose qui me touche

C’est quelque chose qui prend naissance à l’horizon

Dans le silence qu’il y a entre les mots

Ce qui plane au-dessus de nos corps quand on est dans ton lit

Je ne sais pas si tu peux comprendre cela

Il y a une force mélancolique chez toi qui me bouleverse

Et ouvre les portes de la perception

Je t’ai écouté dormir souvent

Tu dors lentement

Je n’oublierai jamais ça

La correspondance infinie entre ton sommeil

Et les émotions imperceptibles qui s’entrechoquent

Entre nous et le plafond

Une ligne en suspension



extrait du recueil "l'Autre" - édition "les écrits de la rue Grande"